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Paris l'été

Voilà un article sans intérêt particulier, juste une scène partagée, pas de drôlerie, pas de gag, pas de drame non plus, même pas un peu de moi, juste ce que j'ai vu ce jour là et que j'ai eu envie d'écrire.

 

Paris, place de la République, le 2 juillet vers 16h.

 

Les 26°C annoncés par la météo doivent être dépassés. Après quelques heures d'errance entre des portants mal rangés et mal étiquetés, en pleine folie des soldes, la batterie de mon téléphone m'impose une pause ensoleillée sur la terrasse d'un café.

 

En princesse des bords de mers, je suis attirée par le brouhaha des enfants qui jouent dans l'eau. Pour la première fois en trois ans de vie francilienne, je découvre finalement que le relâchement et l'insouciance de l'été existent aussi à Paris.

 

Nous sommes mercredi, les enfants ont bientôt fini l'école, et aujourd'hui, mercredi, c'est déjà comme s'ils étaient en vacances. Derrière la fontaine, prise d'assaut par les adultes qui rêvent d'y plonger leurs pieds, se trouve une sorte de pédiluve géant, le paradis des enfants. 

 

On réalise rapidement que les parents ont pris moins d'une minute à renoncer à l'idée de rentrer au sec. Ceux qui ont réagit le plus vite ont profité de cet âge où gêne et complexes n'existent pas encore, et transformé les sous-vêtements de leurs bambins en maillots de bain de fortune.

 

L'ambiance est détendue. Si ce n'étaient le prix des consos et le bruit de l'abondante circulation, on oublierait qu'on est à Paris, et il ne faudrait rien pour s'imaginer sous le soleil de province.

 

Les enfants courent, sans même prendre la précaution de réduire l'amplitude de leurs pas. Les parents les regardent avec bonheur et envie, jusqu'à l'inévitable et douloureux gadin, qui fige sur leurs visages une expression d'inquiétude démunie mêlée à de la culpabilité: biensûr, c'est dangereux, c'est glissant.

 

Mais tout reprend son cours à la première éclaboussure. Les enfants ont sauté sur l'opportunité: une chute les a mouillés? Tant qu'à y aller! Tels des rockstars, ils prennent leur élan pour se jeter sur les genoux, voire carrément sur le ventre pour les plus audacieux.

 

Là où les différences d'âges sont habituellement prétextes à d'interminables disputes, elles sont ici mises de côté et les fratries semblent unies, assez fortes alors pour oser s'aventurer à la connaissance des autres. Les codes sociaux des adultes sont bien loin. Pas de cartes de visites distribuées, pas de verres offerts ou de frôlements frustrants, un simple "comment tu t'appelles?" suffit à amorcer une conversation succincte suivie de cris et d'éclats de rire entre deux généreuses projections.

 

La vie est simple.



01/08/2014
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